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Être maman



Il y a quelque temps, je suis restée accrochée à cette photo. Pendant le triage de photos, suite à l’anniversaire de bébé #3, j’ai arrêté devant ce visage.


Le sourire aux lèvres, le regard fatigué, mais scintillant à la fois. Ces petites rides au coin de mes yeux qui commencent à tracer leur chemin. J’ai vieilli. Et eux aussi...


Je suis devenu maman pour la première fois à l’âge de 18 ans. C’était mon rêve. Mon but. Fonder une famille. Être maman. J’attendais ce moment avec impatience. Zack était mon petit trésor que j’étais très fière de présenter. Moi, maman. J’assumais que cet enfant était désiré. 


Pendant que certains et certaines fêtaient et faisaient des nuits blanches de party, moi je faisais aussi des nuits blanches, mais pas pour le même bonheur. Pas pour la même satisfaction.

J’ai toujours su que je voulais une grande famille. Être maman à la maison comme ma mère. Pouvoir être là pour eux. Tout le temps. Le modèle que j’avais eu me faisait croire que c’était la meilleure façon d’aimer. 


19 mois après être devenu maman une première fois, j’ai eu le privilège d’accueillir Eden à notre bonheur. Je suis tombée follement amoureuse dès la première seconde. 

Sans culpabilité, sans crainte, je devenais maman pour une deuxième fois. Je me sentais superwoman, énergique et pleine de vie. J’avais le bonheur étampé dans la face.

Je sentais que j’excellais sans problèmes. En contrôle de l’affaire. 


Mais le pire est arrivé à ma vie. J’ai dû me séparer de mes deux petits bonheurs, la moitié du temps.


La plus grande épreuve de ma courte vie.


Il y a maintenant plus de 6 ans que je vois mes deux grands cocos seulement 1 semaine sur 2. Ce temps que je partage avec leur papa. J’ai encore de la misère à l’accepter. J’ai un pincement au cœur, à chaque vendredi soir, lorsque la maison tombe silencieuse et beaucoup moins active. Il manque des pirates dans le bateau. Mon rôle de maman est toujours le même, mais je l’exerce à distance, une semaine sur deux. Les inquiétudes sont différentes. Tu dois accepter beaucoup de choses. 


Malgré ma peine, je n’ai pas pu renoncer à mon rêve d’avoir une grande famille. Jayke est venu au monde il y a maintenant 3 ans. Et sans censure, je n’ai jamais été aussi pleine de culpabilité, d’inquiétude et d’angoisse que depuis que j’ai su que je serais maman pour une troisième fois. Ouff. Je vous épargne les détails.. Je suis devenu un monstre de maman: à commencer par me remplir de culpabilité envers mes deux grands garçons, à regarder si fiston respire encore, à chaque bouchée qu’il prend, j’arrête de respirer, je panique pour un drôle de son venant de sa bouche, je crie lorsqu’il est trop proche de tomber et la plus grande crainte: si je ne réussissais pas ma vie amoureuse (encore) et que le pire devait encore arriver... Je crois que j’ai peur de revivre ce choc. De devoir me séparer de lui aussi. 


Jayke est un petit garçon enjoué et curieux qui me rend si fière.


Mon rôle de mère est la chose la plus importante à mes yeux. C’est la seule chose au monde qu’on ne pourra jamais m’enlever. Et même si je suis une maman qui fait des erreurs ou qui est moins présente à cause de mon travail, je sais qu’ils m’aiment pour ce que je suis.

Qui de mieux pour comprendre une maman? Une autre maman.


Toi, petite maman, j’ai envie de te dire de prendre LE temps pour toi, car le temps n’arrêtera pas pour toi. Prendre le temps de bercer bébé au lieu de passer la balayeuse (ce temps où il voudra se faire bercer passera) ou bien de jouer avec vos plus grands au lieu de plier des vêtements. 

Regardez leurs visages. Ces sourires lorsqu’ils vous regardent.


Il faut parfois se concentrer sur l’essentiel, une sorte de récompense pour toutes ses heures données à notre petite famille. 


Je ne me tannerai jamais de me faire dire « mammmmannn »


Ari

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