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De la visite après ton accouchement?

Auteur Anonyme

Il y a un an presque jour pour jour, j’annonçais ma grossesse à ma famille. Typique. « Joyeux Noël! L’an prochain, nous serons trois! » Il y a déjà quelques années que ma famille élargie n’a pas eu de petit bébé neuf. En fait, c’était une sacrée bonne nouvelle qui était attendue par plusieurs puisque ça faisait déjà quelques années que mon conjoint et moi étions ensemble. 


Dès le début de ma grossesse, j’ai lu à droite et à gauche. J’ai écouté les conseils de tout un chacun. Un point revenait souvent: la famille après l’accouchement. On nous a souvent dit de profiter des moments en famille à l’hôpital, qu’ils sont précieux, de garder notre bulle à nous 3. Dans notre cas, la famille est loin, loin. On parle de 5h de route aller seulement des deux côtés. Alors, tu comprendras que quand ça débarque, ça ne débarque pas juste une journée... et oui, heureusement ou malheureusement, nous avons une charmante chambre d’amis. Cette bulle précieuse nous interpellait beaucoup mon conjoint et moi. Nous avons donc dit de plus en plus souvent à notre famille, pour les préparer, car nous savions que cette condition ne serait pas facilement acceptée, que nous ne voulions pas de visite à l’hôpital et qu’on souhaitait se garder une semaine sans visite qui demeure à la maison. Ils pouvaient venir nous voir, mais personne qui dort à la maison. Nous avons donc dit et redit à la famille élargie, mais aussi à nos parents comment nous souhaitions que ça fonctionne à l’accouchement et surtout après! On voyait bien que ça dérangeait, mais bon. C’était notre souhait. 


Les mois ont passé, ma bedaine a grossi et j’ai vite entamé le troisième trimestre. Tu sais, celui où tu sais que l’accouchement approche? Où tu commences les cours prénataux et qu’on te parle vraiment de l’accouchement. Dans mon cas, j’ai retenu bien des trucs, mais j’ai surtout compris que je devais être un petit peu préparée. On a donc fait, en bons élèves, le super plan d’accouchement (qui ne sert absolument à rien finalement). On s’est questionné et on a pris position sur beaucoup de points (épidurale ou non, médecin en formation ou non, épisiotomie ou non, etc.!). On voulait coûte que coûte garder notre première semaine et ne pas avoir de visite à l’hôpital. 


Le grand jour arriva. Mon travail avait commencé. Une contraction à la fois, j’accueillis mon enfant avec un immense sentiment de fierté. La famille informée de la naissance de notre merveille, l’adrénaline qui se dissipe. je finis par succomber au sommeil. Rapidement, on devait donner des nouvelles à droite et à gauche, on devait faire des FaceTime sous prétexte d’être égoïstes. Ça ne faisait que 12 heures que bébé était né et on devait donner des nouvelles. Je dis bien DEVAIT, car on se faisait presque harceler. Tu te souviens qu’on n’avait demandé aucune visite? Et bien, cette demande ne fût pas acceptée de tous. ma mère, entre autres, ainsi que mes tantes. D’ailleurs, une d’entre elles se permit de me dire que nous étions égoïstes et cruels de ne pas faire venir ma mère. Tu as bien lu. CRUELS. En quoi suis-je cruelle de me choisir? De choisir ma famille? Ok, peut-être égoïste, mais c’est mon choix. Je ne te dis pas que tu es égoïste quand tu décides de ne pas m’inviter à souper tous les soirs. Bref. tu comprendras que tout a commencé à dérailler. Ces petites heures précieuses qu’on souhaitait garder pour nous étaient en train de nous filer entre les doigts. On les avait, mais on était complément désemparé de la réaction de ma famille. Au moins, nous n’étions que nous trois! Bref, tu comprendras qu’on a tout simplement coupé au minimum les communications. Les hormones et la fatigue commençaient à se faire sentir. Je n’avais pas vraiment besoin de me faire dire des choses comme ça. 


Le retour à la maison fut autant houleux. Encore une fois, nous DEVIONS donner des nouvelles. C’était lourd. Avais-je le droit de simplement savourer les premiers moments de mon enfant à la maison? Je ne sais pas. Une chose est certaine, je n’avais pas l’impression d’en profiter. Je devais envoyer des photos, faire des FaceTime, etc. Au final, on nous reprocha de prendre des photos et faire des FaceTime quand il dort. Il y avait du mécontentement. On devait faire ça quand il était éveillé. Prendre note que bébé était peut-être éveillé deux heures maximum par jour. C’est un NOUVEAU-NÉ! 


La première semaine de vie complétée de bébé arriva et la visite aussi. On ne nous demanda pas si nous étions disposés et en moins de 72 heures plus de 15 personnes débarquèrent. Ma chambre d’amis se « loua ». En cinq jours, je dû changer les draps trois fois. ce ne fut que le début! L’auberge (oui, c’est comme ça que je sentais que ma maison était devenue) était pleine tous les jours! Ça défilait ici et je devais m’occuper de la visite, car elle arrivait les mains vides. En fait, elle ne venait que pour voir le bébé neuf! Personne n’apporta de petits plats, personne ne voulait aider. Tout ce qu’ils souhaitaient était de « catiner » le bébé neuf! On osa même dire qu’il y avait beaucoup de poils dans la maison. Ça continua ainsi pendant un mois, un mois de visite et le seul mois de congé de mon conjoint. 


Après avoir fait et refait le lit de la chambre d’amis, mon homme retourna travailler. Notre vision du « après » l’accouchement était désastreuse. Nous étions fatigués, épuisés de toute cette visite et complètement perdus dans tout ça. Avions-nous pris du temps tous les trois? Pas du tout. En fait, nous avions eu droit à sept jours ici et là sans visite. Étais-je prête à être seule avec coco? Je ne sais pas, mais une chose était certaine j’étais épuisée, écœurée de la visite. J’avais l’impression d’avoir passé toute mon énergie à la gérer, à gérer mes émotions face à eux et mon petit, etc. Bref, non, je n’étais pas prête à son retour. 


Ma petite merveille, je l’aimais déjà beaucoup, mais je n’avais pas le droit d’en profiter autant que je voulais, car on me faisait les gros yeux, on me reprochait de façon non verbale de ne pas le « partager ». On te parle du coup de foudre à la naissance. Ça ne se fait pas instantanément. Ça prend du temps créer un lien avec cette petite merveille. Ici, ce petit lien fondamental n’a pas été créé durant ce premier mois ou du moins pas comme je l’aurais voulu. J’étais écœurée de la visite, découragée. mon énergie était passée sur eux, à leur en vouloir de me priver de ces moments si précieux. Oui, on avait « respecté » notre demande de la première semaine, mais c’était bien la seule chose qu’on a pu respecter. 


C’est un tout nouveau rôle, de nouvelles responsabilités d’être parents. Du gros bonheur pur, mais tout un changement qui demande beaucoup d’adaptations. Ce premier mois, celui que tu visionnes tant de fois pendant ta grossesse se doit d’être agréable ou du moins complètement à toi et ton conjoint comme bon te semble. Pense à toi, pense à vous! Prépare ton accouchement, mais prépare surtout ton APRÈS accouchement. À mon avis, c’est presque autant important. Ce sont les premiers moments, ceux pendant lesquels tu forges ce lien si fort entre toi et ton enfant, ceux pendant lesquels tu réalises que vous êtes trois maintenant. On ne me l’a pas assez dit. L’arrivée de ces petites merveilles est magique et vire souvent une famille à l’envers. Ils ont besoin de le toucher, de le prendre, de le voir (et malheureusement, de l’embrasser). Savoir où vous en êtes face à ça avant l’accouchement peut sincèrement aider. Ici, comme tu peux voir, il y avait de grandes attentes. Au final, on a tenté de faire plaisir à tous, mais nous avons oublié le plus important : nous! Alors, en même temps que tu penses à ton accouchement, pense un peu à ton après.  


Anonyme

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