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Lettre ouverte pour la fête des pères: Fille à papa

par Ariane Bousquet

Ma première année de vie, je ne voulais pas de tes bras. Tu étais incapable de me consoler. Je voulais seulement ma maman. La vie est tout autre maintenant. Lorsque j’ai envie de me faire rassurer ou bien simplement me faire appuyer dans mes décisions, c’est vers toi que je me retourne. Les années passent et, finalement, on m’a donné le titre de « fille à papa ».


Tu n’as pas été le papa présent que nous voulions, mais j’ai toujours vu que tu étais présent à ta façon. Le fait de travailler autant pour nous offrir tous ces cadeaux, toutes ces sorties, tous ces petits luxes, l’école privée et tous les vêtements. Il fallait que tu travailles fort pour l’offrir à tes six enfants. Le plus gros cadeau que tu as pu nous offrir est d’avoir permis à maman d’être présente à temps plein à la maison pour prendre soin de nous. Je l’ai vu rager, pleurer et avoir de la difficulté, plusieurs fois, en disant trouver ton absence difficile. 


J’ai peut-être mis mes lunettes roses d’enfant à l’époque, mais je voyais que vous formiez une belle et forte équipe depuis toujours. Tu avais tes lundis matins à nous préparer le gruau et les dimanches matin à nous servir le brunch. Je t’ai vu dans la cuisine pendant que maman prenait le temps de se préparer. Je t’ai vu prendre du temps, le dimanche, pour être avec maman. 


Mais je dois avouer que je t’ai rarement vu assis près de moi à jouer à la poupée et les fois que nous écoutions un film, quelques minutes après le début, tu ronflais déjà. [Tsé la fois, que nous sommes allés voir TARZAN, au cinéma, je devais avoir à peine 9 ans, mais tous ce que je me souviens, c’est que tu dormais.] Maintenant, je comprends, car c’est à mon tour de dormir sur les films : épuisée de courir d’un bord et de l’autre. Malgré le fait que je peux voir des absences dans ma tête, j’ai plein de beaux souvenirs avec toi.


Pas beaucoup de papas qui ont préparé le bug de l’an 2000 comme tu l’as préparé. Pleins d’amis à la maison, c’était le party d’enfants au sous-sol, la maison était décorée et tablée pour accueillir. On a clos la soirée avec des feux d’artifice. Pas deux ou trois. Il y en avait beaucoup. Je me croyais à la Saint-Jean-Baptiste. Plusieurs me diront, «  Il faisait ça juste pour l’attention, pour épater le monde ». Je réponds à ça : « Je préfère voir avec mes yeux d’enfant la beauté et les souvenirs que ça a pu me laisser, que de voir des bibittes noires qui pourraient m’empêcher d'en profiter. »


Nous avons eu la chance de voyager : en bateau (Toutes ces écluses que nous avons traversées.), en train (Nous sommes allés à Québec.), en roulotte (Nous avons voyagé sur les routes du Canada.), et en ski-doo (Je me suis gelée sur des centaines de kilomètres avant de pouvoir me réchauffer avec un bon chocolat chaud.) Je n’ai jamais pris l’avion avec toi, car tu gardais ce moment pour maman et toi. 


Je me souviens de ces nombreux rendez-vous chez l’orthodontiste. J’avais hâte, car tu venais me chercher en Prowler à l’école. On montait à Granby le toit ouvrant ouvert et la musique très forte surtout lorsque ta chanson jouait Phil Collins - In the air Tonight.


À l’école, tu étais presque toujours parent accompagnateur. J’étais tellement fière et si contente. Je disais toujours: « Mon père est cool! On va écouter de la musique et, en plus, j’ai un gros camion! »

À l’école secondaire, lorsque tu venais me chercher, je me rappelle t’entendre rire aux éclats à t’en claquer la cuisse à plusieurs reprises tellement tu étais crampé d’écouter Les grandes gueules à la radio. À ce moment précis, je me disais : « Tu ne nous écoutes clairement pas, tu es concentré sur la radio ». Avec du recul, je comprends que tu avais ta journée dans le corps et que ce petit moment-là venait te détendre. Je me surprends à le faire moi-même et ça me fait sourire.


Plusieurs fois dans mon adolescence, j’ai prononcé ces mots : « Je ne serai jamais comme mon père! » Je pensais tout comprendre et tout savoir à cette époque. Ouf... J’en avais des croutes à manger. Maintenant que j’en ai mangées plusieurs, je peux affirmer qu’on se ressemble beaucoup, et ce, sur plusieurs points.


Une nuit de février, je t’ai appelé en pleurant et en te hurlant des méchancetés. J'avais tellement mal en dedans. Je venais de mettre des sensations, des mots et des émotions sur ce que maman avait vécu quelques années auparavant. J’avais besoin de te hurler ce que j’avais sur le cœur pour mieux me sentir ensuite. On ne s’en est jamais reparlé. J’ai mangé une grosse croute à cette étape.

Tu étais là, lorsque j’ai eu besoin de déménager, pour me trouver des meubles et réinstaller mon studio. Tu étais là. Pas en mots, mais physiquement.


Nos câlins et nos silences sans mots veulent tout dire pour moi. 

Lorsque j’ai un projet, tu es toujours en arrière. Tu n’hésites pas à me dire ce que tu en penses. Tu es un mentor. Le modèle d’homme d’affaires que tu es m’a beaucoup inspiré.

J’aime te savoir fière de moi. Je ne veux pas te décevoir.


Tu ne manques pas une occasion. À la fête des Mères, à ma fête, à Pâques, au jour de l’An… Toutes ces fêtes, tu m’appelles à la première heure pour me souhaiter une belle journée.

Je suis chanceuse de t’avoir à mes côtés.

Je n’ai jamais manqué de rien et jamais je n’en manquerai à tes côtés.


Et j’ai plus que hâte au jour où tu m’accompagneras à mon mariage. Être fière de rentrer dans l’allée avec toi à mon bras. Fière d’être ta fille. J’aurai la tête haute.


Je t’aime papa. 



P. S. Ne laissez personne salir vos souvenirs. Ils vous appartiennent. Vous faites ce que vous désirez de votre présent, mais vivez votre vie de façon à ne pas avoir de regrets. Il sera trop tard une que tes parents ne seront plus présents. Le : « J’aurai dont dû.. » vous pourrira toute le reste de votre vie.

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