• Mamans d'influcence

MON CRASH DE MAMAN : MA DÉPRESSION POST-PARTUM.

Auteur anonyme

J'ai sauté sur l'occasion d'écrire au sujet de la dépression postpartum quand Mamans d'Influence ont mentionné chercher des collabos.


Ça m'a pris du temps, parce que ça n’allait pas du tout pour moi durant les dernières semaines. Par contre, comme on dit ...parfois dans le plus laid il en ressort du beau. Puis, lentement, j'ai réussi à mettre des mots sur ma douleur.


Je savais que ce serait libérateur pour moi et aussi que cela sensibiliserait plein de gens, parce que oui c'est encore tabou en 2019 les mamans pour qui c'est un crash intense et violent la maternité. Comme une implosion dans la tête.


D'aussi loin que je me souvienne j'ai toujours voulu des enfants. C'était pour moi le but ultime de ma vie, l'atteinte de la réussite familiale.


J'ai vécu ma grossesse comme un rêve tant espéré, pour finir par vivre mes débuts comme maman en cauchemar éveillé.


Vous savez ce moment où ils posent bébé sur vous à la naissance et que vous retenez votre souffle devant la magie de l'instant... Et bien c'était comme si mon souffle...je le retenais depuis sa naissance dans l'attente que la vie que j'avais donnée me soit un peu rendue, parce que je ne vous le cacherai pas...j'étais comme morte-vivante en dedans. J'avais la maternité à coeur ouvert sur la table, j'étais malade.


Dès le départ, dans mon lit d'hôpital, je tournais le dos à mon bébé et à son papa, puis je sanglotais...fort. Je faisais semblant de rien quand les infirmières venaient. Rendue à la maison je regardais ma fille et j'avais la nausée ... comme un mal de coeur de stress et le fameux coup de foudre qui tardait. Je me suis mise à pleurer lorsqu'elle pleurait... À manger trop ou pas assez... À ne plus me laver, à me détester. À vouloir tout arrêter. La débarrasser d'une maman telle que moi. Jusqu'au jour où mon conjoint a demandé de l'aide à ma mère et qu'il lui a pleuré dans les bras tellement il était inquiet. Ils m'ont obligée à voir le médecin ...et c'est là que j'ai fait la rencontre des antidépresseurs, ceux qui m'ont ramené à la vie.


J'aimerais ça vous dire qu'aujourd'hui j'ai guéri de tout ça et que la maternité m'enchante tous les jours, mais vous savez bien que non. On ne se le cachera pas ce n’est pas souvent facile et pour ma part j'ai laissé une part de ma santé mentale à chaque bébé. Je travaille aujourd'hui à la reconstruire, à me solidifier. Parce que oui, malgré ma dépression post-partum après ma fille en 2014,  j'ai eu 4 ans plus tard bébé 2 ...non sans beaucoup  d'hésitation. Je l'ai fait, car me sentant plus forte, plus équipée pour faire face. Avec ma thérapie depuis près d’un an en plus, je pensais que je m'en sortirais indemne cette fois. 


Mais non, durant les premiers 3 ou 4 mois tout a été magique ! Parfait. Autant que cela peut l'être avec un bébé naissant et une 4 ans en crise d'attention et plus propre du tout, du jour au lendemain. Malgré tout, j'étais énergique, je pétais le feu. Au bout de 4 mois, avec l'arrêt de l'allaitement et le shut down d'hormones ou je ne sais trop, j'ai crashé. Encore.

Coco #2 a 9 mois maintenant et avec une médication ajustée ainsi qu'une nouvelle autre d'intégrée je commence à me sortir la tête de l'eau ...


Je m'excuse gang, j'aimerais ça vous faire une belle fin heureuse. Parce qu'heureuse au fond je le suis, mais on dirait que ma tête et mon anxiété viennent chier toute la patente. Le message ne se rend pas du coeur au cerveau.


Je les aime mes enfants, d'un amour indescriptible. C'est moi que je dois apprendre à aimer comme maman. Être plus douce avec moi-même.


Une chose est sure, sans soutien de mes amis, de ma famille, de mon homme, ainsi que de ma médecin et mon psy... je ne serais probablement pas ici pour vous en parler. Ça m'a pris 3 ans avant de consulter. 3 ans. Pis c'est la meilleure décision que j'ai prise. 


Et cet homme... Que j'ai croisé sur ma route dans le plus dark de ma dépression post-partum. Ce monsieur que j'ai rencontré il y a 4 ans dans un restaurant avec ma fille bébé naissant... Il m'a dit : " belle fille que vous avez là ! Profitez-en...moi ma belle-fille s'est suicidée suite à une dépression post-partum." Il ne me connaissait pas, je ne le connaissais pas et il m'a donné probablement sauvé la vie. Ça, il ne le saura jamais. Ça m'a tellement shaké là... C'était le signe du ciel que je devais m'accrocher. Ramer pis survivre. Pour elle, pour moi et ma fille. Ceux qui m'aimaient.


Mon message : consultez !!!!!! Parce que non ce n’est pas la norme d'avoir la peur au ventre d'être seule avec tes enfants, tu n’es pas "sensée" pleurer trop souvent, de te sentir vide et déconnectée encore des mois après avoir accouché. D'être agressive avec ton plus vieux et enragée après la vie.

Oui ça se peut que tu ailles des rechutes, comme j'en ai eu depuis 5 ans, ça se peut que tu sois fragile, médicamentée toute ta vie, mais pour voir tes enfants grandir... Je te promets que ça en vaut la peine. 


S'il te plaît, ne reste pas avec ta  douleur, même si elle n'a pas de nom, même si tu ne trouves pas les mots. Parce que maternité n'a pas à rimer avec éternité au sujet de ta détresse. On peut s'en sortir.  Je suis là, les gens que tu aimes sont là.

Je te tends la main petite maman ! 

Prendras-tu la mienne ? 

💜💜💜💜

- La Maman Point Virgule -

246 vues
  • Grey Instagram Icon
  • Grey Facebook Icon

© 2018 MAMANS D'INFLUENCE